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BPCO, nuit et sexualité

C. Arveiller-Carvallo, R. Escamilla,*

Qu’est-ce qu’une fonction sexuelle normale ?


Il est important de rappeler que la nuit est considérée comme le moment le plus propice à l’acte sexuel et ce depuis l’Antiquité. Ceci s’explique probablement pour partie par les modifi cations hormonales qui ont lieu aux changements de luminosité. Par ailleurs, il y a également une adaptation sociétale puisque l’acte sexuel est une relation intime entre 2 personnes et que la nuit est particulièrement appropriée aux échanges cachés.

Avant de se pencher sur la question des troubles sexuels chez un patient, il convient encore de défi nir une fonction sexuelle normale. Cependant, cette question est loin d’être simple à résoudre.

En effet, une vie sexuelle fait intervenir de multiples facteurs, qu’ils soient organiques purs (la fonction érectile par exemple), psychiques ou sociétaux… Intégrer l’ensemble de ces facteurs dans une seule défi nition consensuelle semble impossible.

On peut en revanche souligner le fait qu’une fonction sexuelle normale est individuelle et diffi cilement généralisable. En particulier, la fonction sexuelle d’une personne de 20 ans ne sera pas comparable à celle d’une personne de 80 ans, comme le rappelle Schouten [1]. En effet, la fonction érectile normale chez les hommes diminue avec l’âge. La normalité statistique pour un homme de 80 ans est d’avoir une dysfonction érectile (80 % des cas) alors que ce n’est pas le cas chez un homme de 20 ans… (Fig. 1) [1].

Figure 1. Survie sans dysfonction érectile en fonction de l’âge [1]. Moyenne et intervalle de confi ance à 95 %

Figure 1. Survie sans dysfonction érectile en fonction de l’âge [1]. Moyenne et intervalle de confiance à 95 %

La façon la plus simple d’appréhender la fonction sexuelle est de se focaliser sur des paramètres mesurables simples. Ainsi, dans la majorité des articles publiés, on se focalise sur la dysfonction érectile des hommes. Les différentes études citées ici seront donc la plupart du temps des études se concentrant sur la fonction érectile. On comprend ainsi que les femmes sont souvent exclues des études sur la vie sexuelle. Il faut donc tenir compte du fait que ces études ne concernent qu’une partie de la fonction sexuelle, la partie organique, s’affranchissant des autres facteurs influençant la fonction sexuelle, plus difficiles à cerner.

Auteurs correspondants


*Auteurs correspondants.
Adresses e- mail : escamilla.r@chu-toulouse.fr (R. Escamilla).

Auteurs


C. Arveiller-Carvallo1, R. Escamilla2,*

1Service de pneumologie, hôpital Foch, 40 rue Worth, 92151 Suresnes
2Pneumologie, hôpital Larrey, 24 chemin de Pouvourville – TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9

Liens d'intérêts


  • R. Escamilla : Au cours des 5 dernières années, Roger Escamilla a perçu des honoraires ou fi nancements pour participer à des congrès, actions de formation, participation à des groupes d’experts, rédaction d’articles ou de documents, de la part des laboratoires Almirall, AstraZeneca, Boerhinger-Ingelheim, Pierre Fabre, GSK, MSD, Novartis, Pfizer, Nycomed/Takeda.
  • C. Arveiller-Carvallo : aucun