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BPCO, nuit et sexualité

C. Arveiller-Carvallo, R. Escamilla,*

Rôle du pneumologue


Vu la prévalence des troubles sexuels et leur retentissement sur la qualité de vie des patients, la question de la sexualité devrait faire partie de tout suivi de patient BPCO. La problématique n’étant qu’exceptionnellement explicitée par le patient lui-même, le pneumologue doit être proactif dans la recherche d’une dysfonction sexuelle [16,40]. Que la question soit abordée en cours de consultation ou bien à l’aide d’auto-questionnaires avant la consultation, la problématique de la dysfonction sexuelle doit bien faire partie d’une consultation de suivi de tout patient BPCO, homme ou femme (en y associant éventuellement le conjoint secondairement).

Le pneumologue sera alors amené à rencontrer un certain nombre de personnes atteintes de ces troubles (environ 75 % d’après les études [36,37]). Le simple fait de permettre au patient de s’exprimer à propos de ce souci quotidien permet déjà d’améliorer la qualité de la relation entre son médecin et lui. Le patient, même s’il ne se voit pas proposer de solution miracle pour régler ses troubles sexuels, sera déjà soulagé d’avoir pu manifester ses inquiétudes.

La première étape pour le pneumologue sera donc d’ouvrir la porte de la discussion et d’informer les patients sur la fréquence des troubles sexuels chez les insuffi sants respiratoires. Outre le symptôme sexuel en lui-même, la relation de couple devra être appréhendée puisque la vie sexuelle se vit à deux et que la maladie respiratoire de l’un des partenaires peut infl uencer la vie de l’autre. La vie de couple peut donc être altérée par la dysfonction sexuelle d’un acteur du couple. Ibañez [41] a ainsi montré que 94 % des épouses affi rmaient que leur vie de couple avait été changée par la BPCO de leur mari.

Des conseils simples pourront ensuite être donnés aux patients, notamment sur la façon de gérer un effort physique quel qu’il soit, et l’effort sexuel en particulier [18]. Il existe également des positions sexuelles qui permettent au patient de mieux gérer sa dyspnée ou son effort musculaire pendant l’acte sexuel. Cette éducation et cet apprentissage pourront d’ailleurs être renforcés par une réhabilitation à l’effort. Le pneumologue est le premier interlocuteur pour identifi er l’indication de la prescription d’une oxygénothérapie de longue durée. Celle-ci peut améliorer significativement la qualité de la vie sexuelle des patients [18,20,21].

Une prise en charge plus spécifi que pourra être proposée en adressant le patient à un urologue afi n de prendre en charge la globalité des troubles et de discuter d’un traitement spécifi que par IPDE5, par exemple [38]. Le dépistage des comorbidités cardiovasculaires et d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil est par ailleurs primordial pour améliorer la qualité de l’érection. L’importance du sevrage tabagique doit toujours être rappelée.

Auteurs correspondants


*Auteurs correspondants.
Adresses e- mail : escamilla.r@chu-toulouse.fr (R. Escamilla).

Auteurs


C. Arveiller-Carvallo1, R. Escamilla2,*

1Service de pneumologie, hôpital Foch, 40 rue Worth, 92151 Suresnes
2Pneumologie, hôpital Larrey, 24 chemin de Pouvourville – TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9

Liens d'intérêts


  • R. Escamilla : Au cours des 5 dernières années, Roger Escamilla a perçu des honoraires ou fi nancements pour participer à des congrès, actions de formation, participation à des groupes d’experts, rédaction d’articles ou de documents, de la part des laboratoires Almirall, AstraZeneca, Boerhinger-Ingelheim, Pierre Fabre, GSK, MSD, Novartis, Pfizer, Nycomed/Takeda.
  • C. Arveiller-Carvallo : aucun