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BPCO, respiration et sommeil

F. Chabot,*, T. Perez,*, M. Decavèle

Résumé


La dépression de l’activité cérébrale corticale, la diminution de la chémosensibilité et l’augmentation des résistances des voies aériennes supérieures sont autant de modifi cations physiologiques respiratoires lors de l’endormissement, exposant particulièrement le sujet atteint de BPCO à l’hypoventilation alvéolaire et aux désaturations nocturnes. L’impact de l’hypoxémie nocturne sur le pronostic à long terme de la BPCO est encore méconnu. La qualité du sommeil est par ailleurs souvent perturbée chez les patients atteints de BPCO. Malgré la tendance actuelle à la validation d’index de gravité multifactoriel tourné vers le ressenti du patient, l’absence de recherche spécifi que ne permet pas aujourd’hui une évaluation fi able des symptômes nocturnes. Savoir prédire les désaturations nocturnes permettrait théoriquement l’identifi cation d’une population cible pouvant bénéfi cier d’un traitement. Cependant, aucune thérapeutique spécifi que actuelle ne permet actuellement d’améliorer le sommeil des patients BPCO.

Les patients présentant une BPCO ont souvent un sommeil de mauvaise qualité. Il est recommandé de rechercher la présence de signes évocateurs d’un syndrome d’apnées du sommeil qui relève de traitements spécifi ques. Les autres troubles du sommeil et les symptômes nocturnes sont rarement pris en compte dans les choix thérapeutiques et ne font pas l’objet de recommandations des sociétés savantes car leur nature et leurs causes sont encore peu connues. Dans cette revue, après avoir rappelé les modifi cations respiratoires au cours du sommeil et les caractéristiques des désaturations nocturnes en oxygène chez les patients atteints de BPCO, nous étudions les liens entre qualité de vie, syndrome des jambes sans repos, distension thoracique, dépression et qualité du sommeil, puis l’impact des thérapeutiques sur le sommeil.

Auteurs correspondants


*Auteurs correspondants.
Adresses e- mail : f.chabot@chu-nancy.fr (F. Chabot) ; tperez@chru-lille.fr. (T. Perez).

Auteurs


F. Chabot1,*, T. Perez2,*, M. Decavèle3

1Département de pneumologie, CHU Nancy, hôpitaux de Brabois, rue du Morvan, 54500 Vandoeuvre-Lès-Nancy, France
2Clinique des maladies respiratoires, Centre de compétence des maladies pulmonaires rares, hôpital Calmette, Université Lille-Nord de France, boulevard du Professeur-Jules-Leclercq, CHRU Lille, 59037 Lille Cedex, France
3Pneumologie Ile-de-France, DESC réanimation médicale ; Service de pneumologie et réanimation, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, 47-83 boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, France

Liens d'intérêts


  • F. Chabot : Au cours des cinq dernières années, F. Chabot a perçu des honoraires ou fi nancements pour participation à des congrès (laboratoires Boehringer-Ingelheim, Chiesi, GSK, Novartis), actions de formation (laboratoires AstraZeneca, Boehringer-Ingelheim, Chiesi, GSK), participations à des groupes d’experts (laboratoires Almirall , Boehringer-Ingelheim, Chiesi).
  • T. Perez : Au cours des 5 dernières années T. Perez a perçu des fi nancements pour participation à des congrès par les laboratoires Novartis, Boehringer Ingelheim, Takeda, Chiesi. Il a participé à des groupes d’experts pour les laboratoires Novartis, Pierre Fabre, Takeda, Almirall, Chiesi et a été investigateur d’études cliniques promues par les laboratoires Novartis, Pierre Fabre et Almirall.
  • M. Decavèle a déclaré n’avoir aucun lien d’intérêts pour cet article.