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BPCO, respiration et sommeil

F. Chabot,*, T. Perez,*, M. Decavèle

Facteurs prédictifs de la désaturation nocturne en oxygène


Si le bénéfi ce de l’oxygénothérapie est bien démontré chez les BPCO ayant une PaO2 diurne < 55 mmHg ou < 60 mmHg avec coeur pulmonaire chronique, son intérêt chez les patients non hypoxémiques la journée et désaturant la nuit est à l’heure actuelle encore inconnu. Du fait des diffi cultés techniques dans la réalisation de larges études polysomnographiques, beaucoup d’efforts ont été réalisés dans l’identifi cation des variables diurnes prédictives de NOD. Si l’évaluation des comorbidités ou des paramètres anthropomorphiques n’a jamais permis d’identifi er un groupe de patients à risque de NOD [32], c’est le niveau de saturation diurne en oxygène qui apparaît aujourd’hui comme l’indicateur le plus fi able [12] à 92,7 (DS à 1,6) chez les NOD contre 95 (DS à 1,7) chez les non-NOD, (p = 0,003). Par ailleurs, les travaux de Sanders et al. en 2003 [11] ont permis de montrer une corrélation positive du rapport VEMS/CV après ajustement, avec un risque de NOD multiplié par deux chez les sujets porteurs d’un rapport VEMS/CV entre 60 et 65 % (OR : 1,92 ; IC 95 % [1,10-3,34], p < 0,05). Plus récemment, une étude portant sur 303 patients admis en réhabilitation a permis de montrer que lorsque la saturation la plus basse, pendant le test de marche de 6 minutes (TM6), était égale ou inférieure à 88 %, 50 % des sujets présentaient une NOD caractérisée par une saturation inférieure à 90 % pendant au moins 30 % de la période de sommeil, avec un rapport de vraisemblance positif de 3,77 (IC 95 % [1,87 à 7,62]) par rapport aux patients qui n’avaient pas atteint cette valeur seuil [33]. Chez des patients atteints d’une BPCO sévère, il existe aussi un lien avec la force des muscles respiratoires. L’augmentation de la force et de l’endurance des muscles inspiratoires par un entraînement des muscles inspiratoires pendant 10 semaines améliore la saturation nocturne en oxygène [34]. D’autres facteurs prédictifs ont été mis en évidence ces dernières années comme un faible calibre des voies aériennes supérieures et une distension thoracique [35]

Auteurs correspondants


*Auteurs correspondants.
Adresses e- mail : f.chabot@chu-nancy.fr (F. Chabot) ; tperez@chru-lille.fr. (T. Perez).

Auteurs


F. Chabot1,*, T. Perez2,*, M. Decavèle3

1Département de pneumologie, CHU Nancy, hôpitaux de Brabois, rue du Morvan, 54500 Vandoeuvre-Lès-Nancy, France
2Clinique des maladies respiratoires, Centre de compétence des maladies pulmonaires rares, hôpital Calmette, Université Lille-Nord de France, boulevard du Professeur-Jules-Leclercq, CHRU Lille, 59037 Lille Cedex, France
3Pneumologie Ile-de-France, DESC réanimation médicale ; Service de pneumologie et réanimation, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, 47-83 boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, France

Liens d'intérêts


  • F. Chabot : Au cours des cinq dernières années, F. Chabot a perçu des honoraires ou fi nancements pour participation à des congrès (laboratoires Boehringer-Ingelheim, Chiesi, GSK, Novartis), actions de formation (laboratoires AstraZeneca, Boehringer-Ingelheim, Chiesi, GSK), participations à des groupes d’experts (laboratoires Almirall , Boehringer-Ingelheim, Chiesi).
  • T. Perez : Au cours des 5 dernières années T. Perez a perçu des fi nancements pour participation à des congrès par les laboratoires Novartis, Boehringer Ingelheim, Takeda, Chiesi. Il a participé à des groupes d’experts pour les laboratoires Novartis, Pierre Fabre, Takeda, Almirall, Chiesi et a été investigateur d’études cliniques promues par les laboratoires Novartis, Pierre Fabre et Almirall.
  • M. Decavèle a déclaré n’avoir aucun lien d’intérêts pour cet article.