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BPCO, respiration et sommeil

F. Chabot,*, T. Perez,*, M. Decavèle

Impact du sommeil sur la ventilation


L’activité des centres respiratoires est en permanence sous l’infl uence de stimuli chimiques via la chémoréception des variations artérielles de PaCO2, de PaO2 et de pH, de stimuli mécaniques via les mécanorécepteurs bronchiques et pariétaux, et d’infl ux comportementaux, corticaux, transmis via le système réticulé activateur.

Différents mécanismes concourent potentiellement aux modifi cations ventilatoires observées au cours du sommeil. On observe tout d’abord une dépression de la commande centrale avec une diminution de l’activité de la substance réticulée activatrice antérieure [2]. Comme en témoignent les travaux de Berthon-Jones [3] et Gothe [4], il s’y associe une diminution de la sensibilité centrale aux stimuli hypoxémiques ou hypercapniques et une diminution de la réponse ventilatoire périphérique aux infl ux respiratoires centraux. En dépit de la diminution du métabolisme global [5] et de l’hypoxémie induite pendant le sommeil, on observe en NREM une relative stabilité de la fréquence respiratoire. A contrario, le REM se distingue par une variabilité cardiorespiratoire [6] avec des hypoventilations plus marquées qu’en NREM [7]. Dans les 2 situations, NREM et REM, la conséquence directe de ces modifi cations physiologiques est une hypoventilation alvéolaire, avec une ventilation diminuée en moyenne de 0,5 à 1,5 l/min, associant une diminution de la PaO2 de 3 à 10 mmHg et une augmentation de la PaCO2 de 2 à 8 mmHg (Fig. 2) [8]. Ces diminutions de la ventilation minute en REM et NREM, par rapport à l’état de veille, résultent essentiellement d’un changement dans le volume courant (Vt), sans modifi cation signifi cative de la fréquence respiratoire qui demeure relativement stable pendant le sommeil (Fig. 3) [9].Pendant la phase REM, les muscles inspiratoires accessoires sont au repos et le maintien de la ventilation est lié à l’activité du diaphragme.

La diminution de la ventilation minute en cours de sommeil résulte essentiellement d’une diminution du volume courant, aussi bien en REM qu’en NREM, au profi t d’une stabilité de la fréquence respiratoire [9].

Figure 2. La diminution de la ventilation minute en cours de sommeil résulte essentiellement d’une diminution du volume courant, aussi bien en REM qu’en NREM, au profi t d’une stabilité de la fréquence respiratoire [9].

Schéma représentant les principales modifi cations physiologiques respiratoires induites par le sommeil [8].

Figure 3. Schéma représentant les principales modifi cations physiologiques respiratoires induites par le sommeil [8].

Auteurs correspondants


*Auteurs correspondants.
Adresses e- mail : f.chabot@chu-nancy.fr (F. Chabot) ; tperez@chru-lille.fr. (T. Perez).

Auteurs


F. Chabot1,*, T. Perez2,*, M. Decavèle3

1Département de pneumologie, CHU Nancy, hôpitaux de Brabois, rue du Morvan, 54500 Vandoeuvre-Lès-Nancy, France
2Clinique des maladies respiratoires, Centre de compétence des maladies pulmonaires rares, hôpital Calmette, Université Lille-Nord de France, boulevard du Professeur-Jules-Leclercq, CHRU Lille, 59037 Lille Cedex, France
3Pneumologie Ile-de-France, DESC réanimation médicale ; Service de pneumologie et réanimation, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, 47-83 boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, France

Liens d'intérêts


  • F. Chabot : Au cours des cinq dernières années, F. Chabot a perçu des honoraires ou fi nancements pour participation à des congrès (laboratoires Boehringer-Ingelheim, Chiesi, GSK, Novartis), actions de formation (laboratoires AstraZeneca, Boehringer-Ingelheim, Chiesi, GSK), participations à des groupes d’experts (laboratoires Almirall , Boehringer-Ingelheim, Chiesi).
  • T. Perez : Au cours des 5 dernières années T. Perez a perçu des fi nancements pour participation à des congrès par les laboratoires Novartis, Boehringer Ingelheim, Takeda, Chiesi. Il a participé à des groupes d’experts pour les laboratoires Novartis, Pierre Fabre, Takeda, Almirall, Chiesi et a été investigateur d’études cliniques promues par les laboratoires Novartis, Pierre Fabre et Almirall.
  • M. Decavèle a déclaré n’avoir aucun lien d’intérêts pour cet article.