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Variabilité des symptômes de la BPCO : la variabilité du « stimulus »

T. Similowski,*, M. Decavèle

Résumé


La dyspnée est l’expression sensorielle et affective de la perception par le cerveau d’un déséquilibre entre les signaux reçus en provenance du système respiratoire (signaux « chimiques », liés aux échanges gazeux ; signaux « mécaniques », liés aux mouvements de la cage thoracique et des poumons) et l’effi cience de la commande ventilatoire produite en retour (notion de couplage neuromécanique respiratoire). De nombreuses modifi cations peuvent affecter les différents niveaux de cette boucle au cours du temps, parfois avec des constantes de temps très courtes, et ce qu’il s’agisse des afférences — également appelées « stimulus » — (variabilité de la mécanique ventilatoire), de leur traitement sensoriel (variabilité du fi ltrage perceptuel, responsable de la non-perception de la respiration normale alors qu’elle implique des signaux afférents liés aux déformations thoraciques), du traitement cognitif et affectif (variabilité de l’humeur et de l’état émotionnel), ou de la commande ventilatoire. La variabilité de la dyspnée, qui est caractéristique de la BPCO et peut être constatée sur des intervalles de temps très court (au sein d’une même journée), peut procéder aux modifi cations survenant au sein de n’importe lequel des composants de la boucle décrite ci-dessus. Cet article décrit les caractéristiques de la variabilité du « stimulus » respiratoire, de façon générale et au cours de diverses pathologies respiratoires. L’hypothèse est faite à l’état normal, un couplage neuromécanique « lâche » autorise une variabilité du stimulus qui n’entraîne pas de sensations respiratoires et, en pathologie, un couplage neuromécanique étroit implique que toute augmentation de l’intensité du stimulus (modifi cations de la mécanique respiratoire, par exemple, liée à des sécrétions ou au tonus musculaire lisse) risque de se traduire par une dyspnée. Améliorer le couplage neuromécanique en diminuant la charge à laquelle les muscles respiratoires doivent faire face, comme peuvent le faire les bronchodilatateurs dans certaines circonstances, doit donc logiquement soulager la dyspnée, ou atténuer sa variabilité.

Auteurs correspondants


*Auteur correspondant.
Adresse e- mail : thomas.similowski@psl.aphp.fr (T. Similowski).

Auteurs


T. Similowski1,*, M. Decavèle2

1Service de pneumologie et réanimation médicale, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles Foix ; ER 10 UPMC Neurophysiologie respiratoire expérimentale et clinique ; Université Paris 6, Pierre-et-Marie-Curie Paris, France
2DES pneumologie Ile-de-France, DESC réanimation médicale ; Service de pneumologie et réanimation, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, 47-83 boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, France

Liens d'intérêts


  • T. Similowski a perçu de la part d’Almirall France une rémunération pour la préparation du séminaire duquel cet article est dérivé et sa participation à ce séminaire. Il a été rémunéré par ailleurs par Almirall France pour sa participation à un comité d’experts constitué à propos du bromure d’aclidinium (Eklira®), et en tant que conseiller scientifi que indépendamment de ce groupe d’experts. Il a participé à une réunion internationale organisée par Almirall Corporate. Par ailleurs, il a perçu au cours des cinq dernières années des honoraires ou fi nancements pour participation à des congrès, communications, actions de formation et de conseil, des groupes d’experts, travaux de recherche, de la part des laboratoires/entreprises AstraZeneca France, AstraZeneca Corporate, Boehringer- Ingelheim France, GlaxoSmithKline France, Medapharma, Menarini, MSD France, Novartis Pharma France, Novartis Corporate, Pierre Fabre, Pfi zer France. M.
  • Decavèle a declaré n’avoir aucun lien d’intérêts pour cet article.