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Variabilité des symptômes de la BPCO : la variabilité du « stimulus »

T. Similowski,*, M. Decavèle

Dimension affective : modèle de la douleur (Fig. 2)


La perception brute de l’inconfort respiratoire issu du découplage neuromécanique va être affinée secondairement par un certain nombre de modulateurs et tout particulièrement par le contrôle cortical et les fonctions cognitivo-affectives. Le modèle multidimensionnel élaboré par Lansing [16], par analogie avec celui de la douleur, propose deux étapes distinctes dans la réponse affective à la dyspnée. À la dimension sensorielle du symptôme en intensité et qualité est attribuée rapidement une dimension affective représentée par le désagrément (unpleasentness). Cette réponse affective constitue le point de départ d’une modifi cation comportementale immédiate visant à supprimer le stimulus dyspnéisant. L’empreinte émotionnelle laissée par cette expérience sensorielle désagréable est à l’origine, dans un second temps, de modifi cation comportementale d’évitement ou d’adaptation plus tardive visant à prévenir le désagrément aux dépens souvent d’une altération de la qualité de vie. Schématiquement, dans l’exemple particulier de la BPCO, le stimulus dyspnéisant perçu comme désagréable entraînera rapidement l’arrêt de l’effort ou la prise de bronchodilatateurs et sera responsable de modifi cations du mode de vie avec réduction des activités, déconditionnement à l’effort et dépression [24].

 

Figure 2. Modèle conceptuel de la réponse affective à la dyspnée par analogie au modèle de la douleur. Une réaction immédiate au désagrément permet la suppression du stimulus dyspnéisant. Une réponse comportementale tardive permettra l’éviction ultérieure de l’inconfort respiratoire à l’origine d’une modifi cation du mode de vie (adapté d’après [16]).

Figure 2. Modèle conceptuel de la réponse affective à la dyspnée par analogie au modèle de la douleur. Une réaction immédiate au désagrément permet la suppression du stimulus dyspnéisant. Une réponse comportementale tardive permettra l’éviction ultérieure de l’inconfort respiratoire à l’origine d’une modifi cation du mode de vie (adapté d’après [16]).

Auteurs correspondants


*Auteur correspondant.
Adresse e- mail : thomas.similowski@psl.aphp.fr (T. Similowski).

Auteurs


T. Similowski1,*, M. Decavèle2

1Service de pneumologie et réanimation médicale, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles Foix ; ER 10 UPMC Neurophysiologie respiratoire expérimentale et clinique ; Université Paris 6, Pierre-et-Marie-Curie Paris, France
2DES pneumologie Ile-de-France, DESC réanimation médicale ; Service de pneumologie et réanimation, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, 47-83 boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, France

Liens d'intérêts


  • T. Similowski a perçu de la part d’Almirall France une rémunération pour la préparation du séminaire duquel cet article est dérivé et sa participation à ce séminaire. Il a été rémunéré par ailleurs par Almirall France pour sa participation à un comité d’experts constitué à propos du bromure d’aclidinium (Eklira®), et en tant que conseiller scientifi que indépendamment de ce groupe d’experts. Il a participé à une réunion internationale organisée par Almirall Corporate. Par ailleurs, il a perçu au cours des cinq dernières années des honoraires ou fi nancements pour participation à des congrès, communications, actions de formation et de conseil, des groupes d’experts, travaux de recherche, de la part des laboratoires/entreprises AstraZeneca France, AstraZeneca Corporate, Boehringer- Ingelheim France, GlaxoSmithKline France, Medapharma, Menarini, MSD France, Novartis Pharma France, Novartis Corporate, Pierre Fabre, Pfi zer France. M.
  • Decavèle a declaré n’avoir aucun lien d’intérêts pour cet article.