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Variabilité des symptômes de la BPCO : la variabilité du « stimulus »

T. Similowski,*, M. Decavèle

Variabilité et valeur pronostique


Dans le cas précis de la respiration, c’est la trajectoire du débit qui est mesurée. Une étude récente en réanimation s’est intéressée à la variabilité cycle à cycle et à la complexité de la ventilation de 12 patients intubés entre un mode de ventilation contrôlé et un mode plus physiologique déclenché par les stimulations phréniques du patient enregistrées par une sonde oesophagienne placée au contact du diaphragme (NAVA : neurally adjusted ventilatory assist) [32]. Le passage en mode NAVA était marqué par une augmentation dose dépendante du coeffi cient de variation du volume courant et de la ventilation minute, et par une augmentation de la complexité de la trajectoire débit. Dans une étude portant sur 46 patients intubés, la variabilité ventilatoire mesurée par l’expression du coeffi cient de variation et du coeffi cient d’auto-corrélation était associée à un succès de l’extubation (pour un CV du volume courant/temps inspiratoire > à 19 % et un CV du temps inspiratoire/période respiratoire > 10 %) [33].

Une autre étude plus récente, portant sur 68 patients intubés, a permis de montrer que la variabilité cycle à cycle du débit expiratoire de pointe était positivement corrélée au succès de l’extubation avec 100 % de succès pour variation standard du débit expiratoire de pointe > 3,36 l/min [34].

Cependant, différents travaux suggèrent qu’un excès de variabilité respiratoire peut être délétère. En effet, dans les travaux de Frey et al. [35], l’utilisation de bronchodilatateurs de longue durée d’action, chez des sujets asthmatiques, permettait une diminution de la fl uctuation circadienne du peak fl ow représentée par une série temporelle sur 6 mois, et s’associait à une diminution du risque d’exacerbation. Enfi n, un travail portant sur des pathologies respiratoires restrictives a permis de montrer que, de manière similaire, la réduction et l’excès de variabilité du volume courant étaient associés à une majoration de la dyspnée mesurée par l’échelle de Borg [36].

Ces données suggèrent, en conclusion, que l’impact de la variabilité intrinsèque ventilatoire sur l’effi cience respiratoire suivrait plutôt une courbe en U, renforçant la pertinence du concept d’homéokinésie d’un système dynamique variant selon diverses conditions entre 2 bornes déterminées.

Auteurs correspondants


*Auteur correspondant.
Adresse e- mail : thomas.similowski@psl.aphp.fr (T. Similowski).

Auteurs


T. Similowski1,*, M. Decavèle2

1Service de pneumologie et réanimation médicale, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles Foix ; ER 10 UPMC Neurophysiologie respiratoire expérimentale et clinique ; Université Paris 6, Pierre-et-Marie-Curie Paris, France
2DES pneumologie Ile-de-France, DESC réanimation médicale ; Service de pneumologie et réanimation, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, 47-83 boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, France

Liens d'intérêts


  • T. Similowski a perçu de la part d’Almirall France une rémunération pour la préparation du séminaire duquel cet article est dérivé et sa participation à ce séminaire. Il a été rémunéré par ailleurs par Almirall France pour sa participation à un comité d’experts constitué à propos du bromure d’aclidinium (Eklira®), et en tant que conseiller scientifi que indépendamment de ce groupe d’experts. Il a participé à une réunion internationale organisée par Almirall Corporate. Par ailleurs, il a perçu au cours des cinq dernières années des honoraires ou fi nancements pour participation à des congrès, communications, actions de formation et de conseil, des groupes d’experts, travaux de recherche, de la part des laboratoires/entreprises AstraZeneca France, AstraZeneca Corporate, Boehringer- Ingelheim France, GlaxoSmithKline France, Medapharma, Menarini, MSD France, Novartis Pharma France, Novartis Corporate, Pierre Fabre, Pfi zer France. M.
  • Decavèle a declaré n’avoir aucun lien d’intérêts pour cet article.